Bâtir sa vie après un AVC

Dans quelques jours, dans un article, je te parlerai de la construction de notre maison et de son évolution. Il y a quelques mois, je te parlais de mon AVC (parfois j’ai envie de supprimer ces articles, parfois d’en parler plus….).

La plupart du temps, je vis plutôt bien avec ce petit accident de la vie, il ne m’empêche pas de vivre, il ne se rappelle pas à moi chaque matin. Pourtant, parfois, il revient puissance mille et t’explose au visage. Il te ramène à ce 14 Février 2011, dans ta chambre du HTCD (hospitalisation très courte durée), lorsque la neurologue a fait sortir ma mère pour m’annoncer, face à face, qu’à 21 ans, ma vie était fichue: plus de sport, plus d’études, pas d’enfant.

Lorsque nous avons monté le dossier pour le crédit de la construction de notre maison, je me suis retrouvée, plusieurs jours durant dans cette chambre aux murs blancs. Pendant plusieurs jours de suite.

Même si on n’y pense pas tous les jours, certains y pensent pour nous et lorsque nous avons rempli les questionnaires de santé pour l’assurance de notre prêt, j’ai dit (Par obligation? Par honnêteté?) que j’avais fait un AVC il y a plusieurs années. Pourtant, la banque a pris peur, m’a demandé des examens complémentaires, des bilans, une attestation du médecin disant que je n’avais plus de traitement directement lié à cet accident). Malgré tout, elles n’a pas cru à l’épisode malheureux mais unique que peut être un AVC et a tout bonnement décidé de tripler le montant de l’assurance. Ce qui, d’un coup de massue, mettait un terme à notre rêve d’accession à la propriété car avec cette assurance triplée, nous devenions hors budget tous les mois et c’était impossible.

Mais c’est mal connaître la maman lion que je peux parfois être. J’ai décidé de ne pas me laisser abattre (ok, après plusieurs jours au fond de la couette quand même) et de leur prouver que oui, comme tout le monde, j’avais le droit d’avoir des rêves et de pouvoir les concrétiser, qu’il était injuste de nous priver, ma famille et moi, de ce rêve à cause d’un incident considéré par la médecine clos (j’entends par là que j’ai autant de risque que n’importe lequel d’entre vous de faire un AVC un jour et c’est sur ce risque que les banques se basent pour fixer le montant d’une assurance, voir même le refus d’assurance).

J’ai obtenu gain de cause et j’en suis aujourd’hui ravie mais je resterai marquée par cet épisode de stress intense. J’ai, une fois de plus, pris conscience que non, cet AVC ne se fera jamais totalement oublier…

 

2 Comments

  • Mamo 19 octobre 2017 at 8 h 19 min

    Encore un bel article 😍

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  • Maman Sur Le Fil 19 octobre 2017 at 8 h 54 min

    Bel article… Comme quoi un événement qui peut paraitre anodin peut raviver de grandes douleurs et de grandes angoisses… Tu as bien fait de te battre…

    Belle journée

    Virginie

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