Non, je n’aime pas être enceinte

En janvier dernier, je suis partie avec ma classe et deux autres classes de CM2, soit environ 90 enfants en classe de neige pour une semaine.

Une épidémie de gastro, la gestion de ces loulous adorables mais épuisants, les nuits sans sommeil, les tensions entre enfants et même entre adultes, je me retrouve dès le premier jour dans un tourbillon qui empêche de se poser plus de 5 minutes. Le jeudi, une tension de trop, une gastro de trop, une partie de la nuit aux urgences à 1h de route du centre d’hébergement, le stress qui va aveg et je me retrouve à pleurer à chaudes larmes sans pouvoir m’arrêter pendant de longues longues trop longues minutes.

Cela ne me ressemble pas vraiment, surtout dans le cadre du boulot.

J’appelle monsieur papa, lui explique que je suis à fleur de peau, archi sensible et réactive et que cela m’étonne. Il est aussi surpris que moi.

Quelques jours plus tard, on mettra des mots sur cette semaine : j’étais, en partant à la montagne, enceinte de quelques jours.

Oui oui vous lisez bien, quelques jours à peine et pourtant mon corps tirait déjà la sonnette pour me montrer que je n’étais pas seule dans mon enveloppe et qu’il fallait que j’agisse en conséquence.

Pour Petit Chat, j’ai été malade comme un chien pendant de très très longues semaines, vomissements, malaises, anémie et j’en passe. J’aurais vomi jusqu’au matin de l’accouchement à 37 semaines d’aménorrhées.

Cette deuxième grossesse, que j’envisage alors comme étant la dernière, je la rêve sereine, en osmose avec bébé et avec mon corps. Les premières semaines c’est ce qu’il se passe. Je suis un peu fatiguée mais je suis sur mon nuage et surtout, JE NE VOMIS PAS!

J’en avais tellement ch… la première fois que j’étais ravie de cette situation. Juste le bonheur d’une grossesse, moins de stress lié à l’avc, moins de stress tout court et cette sensation d’arriver à faire agir ma tête sur mon corps. Je ne sais pas si je suis claire mais en ce début de deuxième grossesse, j’avais l’impression d’avoir le pouvoir sur moi-même. Malgré un suivi tout aussi régulier que pour première fois par rapport à l’avc, je suis bien plus sereine.

Malheureusement cela n’aura pas duré longtemps car très vite les nausées, vomissements et malaises se sont installés. J’ai pris sur moi pendant le premier trimestre, comptant les jours qui me séparaient de la douzième semaines en me disant que cette grossesse était différente, qu’il ne s’agissait que des maux du premier trimestre et que cela allait vite disparaître.

Cela n’aura pas été le cas….pas du tout même. Malgré le traitement, malgré les arrêts de travail, malgré les heures couchées, malgré l’alimentation adaptée à la situation, il aura fallu attendre fin juin pour voir une amélioration. Avant de replonger dans les vomissements quelques jours avant la naissance de Petit Renard à 38 sa +3.

La différence avec la première grossesse c’est que cette fois, j’étais déjà maman et que gérer un petit chat de 3.5 ans depuis les toilettes c’est vraiment pas évident. Bien sûr, monsieur papa a grandement pris le relais quand je ne pouvais plus mais les mercredis, vacances, soirs d’entraînements et de matchs de monsieur papa, j’étais seule avec mon petit bonhomme et parfois bien démunie, bien seule avec à cette situation.

Je n’avais aucune emprise sur mon propre corps et mon moral n’a pas tenu le coup. Je n’arrivais plus à assumer les nuits et les journées à vomir.

Durant les deux mois de vacances d’été, monsieur papa a eu deux semaines de congés. Pour le reste, j’ai passé mes journées seule avec loulou, heureusement sans vomir, en luttant juste contre la fatigue et les malaises.

On aura tout de même réussi, en trouvant un nouveau rythme, à profiter de ce bel été.

La trêve nauséeuse dont j’ai bénéficié m’a aussi permis de finir par apprécier cette grossesse, à entrer en contact avec mon bébé, en appréciant ce que mon corps était en train de créer. Car ne nous le cachons pas, en vomissant en longueur de journée, parfois même de nuit, il est difficile, pour moi du moins, d’apprécier la grossesse.

Je m’en suis voulue de m’imposer ça, d’imposer mon état à ma famille qui avait jusque là, un équilibre qui nous convenait.

J’en étais venue à penser qu’on était très heureux avec un enfant et que l’on avait été bien fous de se dire que deux ce serait le paradis.

Au moment où j’écris ces lignes, je m’en veux (culpabilité toujours) d’avoir pu penser tout cela car à la seconde où je suis entrée au bloc, je savais qu’on l’on avait fait le bon choix de vouloir être à 4 et que notre nouvelle aventure serait la plus belle.

Presque un mois après la naissance de mon Petit Renard, j’arrive (difficilement) à poser quelques mots sur mes maux de grossesse. Je ne saurai décrire avec précision ce que j’ai vécu pendant cette aventure qu’est la grossesse. C’est clair dans ma tête mais pas encore mûr pour sortir ici. Un ici dont je me suis d’ailleurs totalement absentée durant cette traversée car je n’en avais pas la force.

Un mois après cette merveilleuse rencontre, j’ose dire, assumer, que non, je n’aime pas être enceinte.

Quand on le dit autour de nous on a toujours des regards de travers, des réflexions. Car oui, donner la vie c’est merveilleux, tu as la chance d’être enceinte, de pouvoir avoir des enfants.

Je sais tout cela. Pour autant, l’état de grossesse n’est pas un état qui me convient à moi. Ce qui n’enlève en rien mon bonheur d’être maman.

Je sais pourquoi j’ai malgré tout tenu le coup pendant ces 8.5 mois de grossesse. Je sais que pour moi, il n’existe pas plus grand bonheur que celui d’être maman. A part peut être celui d’être maman deux fois.

Si un jour j’étais amenée à vivre une troisième grossesse, j’espère que mon corps saura rentrer en symbiose avec ma tête et que je pourrai vivre une grossesse avec moins de maux. Car malgré tout, je reste avec un sentiment d’échec sur cette grossesse: celui de ne pas avoir su la vivre sans tous ces désagréments.

Heureusement la vie nous rattrape et nous fait oublier tout cela en nous montrant que le plus important est dans nos bras et qu’il n’y a plus qu’à se shooter aux bonnes odeurs de bébé.

Non je n’aime pas être enceinte, mais qu’est ce que j’aime être maman 💖

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